الاثنين، 22 سبتمبر 2014

Mon père n’avait pas l’habitude de mourir

نشرت من طرف : Unknown  |  في   12:57 م



Moncef Al ouhaibi

Mon père n’avait pas l’habitude de mourir


Hier mon père est mort
J’essaye de lui ouvrir les paupières
Peut-être arriverais-je à soulever une lueur dedans
Mais les paupières étaient crues comme une herbe,
 humides, entremêlées de rosée ou de noir.
Depuis un an, je me préparais à cette absence
Se mêlant comme de l’eau à mon sommeil.
Je prépare les éloges mortuaires qu’il faut
(les éloges de Habib Ibn Aous, sa poésie épique,
leur entrée secrète, la somnolence…
Les éloges mortuaires des Hudheils,
 la métrique  de Khalil ibn Ahmad …)
J’annote ses habitudes : les appels téléphoniques
qui hantent la nuit de mon frère sans cause apparente,
ou peut-être pour passer le temps, ou  par ennui.
Hier, en fin de nuit, le téléphone sonne, personne ne décroche.
 Peut-être se renseignait-il sur quelque chose ? 
Sur l’heure, sur le temps qu’il fait, sur sa prothèse dentaire égarée…
Est-ce l’ultime signe de vie
alors qu’il prenait congé de la mort afin de l’éviter?
Ses effets sont comme d’habitude:
Son pot d’huile sahélienne du matin,
 son café  sans sucre, comme le médecin l’a ordonné
 (il cachait le sucre dans une boite dissimulée)
le miel de montagne, le yogourt naturel …
Quand il appuyait le regard où il écoutait le bruit des pas de la voisine
marchant de ses talons  métalliques sur la pelouse,
ou quand elle l’appelait par la clôture,
ses yeux se repliaient autant un angle de papier dans un livre.
 La mort n’était jamais l’une de ses habitudes, ni faisait partie de ses occupations.
J’entreprends de lui faire les éloges mortuaires, vainement.
 Je n’ai trouvé dans les discours qui ont précédé que des propos annoncent la mort des paroles. 
-          Allo, qui est à l’autre bout du fil?
-          Moi.
-          Toi?tu es revenu? comment?
-          Me suis-je absenté?
Alors père ! il faudra que tu partes,
pour une fois et laisser  la lumière égratigner l’eau dans le sommeil de ton enfant 
Pour que je puisse te voir  en nature, occupant les branches de ton ombre,
descendant  pas à pas tes escaliers de pierre.
Accoutume-toi à ta mort pour que je puisse dormir.

Poème de Moncef Al ouhaibi
Traduit par Abdelmajid Youcef

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